DISPOSITIF ORGANISATIONNEL  DE LA PRÉVENTION

 DISPOSITIF ORGANISATIONNEL  DE LA PRÉVENTION

 A L'ÉCHELON CENTRAL .

 1. Le Ministère de la Santé et de la Population :

Dans son organigramme modifié en 1996, le MSP est doté de la Direction de la Prévention dont l'organigramme a été modifié en 1996 organisée en 4 sous directions : Prévention Générale, Protection Sanitaire en milieu Spécifique, Santé Maternelle et Infantile, et relation Santé et Environnement.

Les autres Directions Centrales, de la Formation, de la Population, de la Planification, des Services de Santé, de l'Administration et des Moyens, contribuent chacune en ce qui la concerne aux activités de la Prévention.

  2. Les Structures d'Appui :

  2.1. L'Institut National de Santé Publique :

L'INSP a pour objet de réaliser des travaux d'études et de recherche en santé publique permettant de fournir les instruments scientifiques et techniques nécessaires au développement des programmes d'action sanitaires et de promotion de la santé publique en matière d'information sanitaire, de communication sociale, de lutte contre la maladie, de protection de la santé, de formation et de recherche. 

Depuis 1995, l'INSP est doté d'annexes dénommées Observatoires Régionaux de la Santé(ORS) au nombre de cinq (05), un par région sanitaire, leurs missions découlent de celles de l'INSP mais adaptées aux spécificités de la région.

2.2. L'Institut PASTEUR d'Algérie (IPA) :

L'Institut PASTEUR D'Algérie (IPA) a pour mission notamment de contribuer à la surveillance épidémiologique des pathologies dont il assure le diagnostic, à la promotion de l'hygiène en général et à la qualité de l'environnement, ainsi qu'à la formation, au perfectionnement et au recyclage des personnels de laboratoire, d'importer et distribuer les sérums et vaccins dont il assure le contrôle.

2.3. La Pharmacie Centrale des Hôpitaux (PCH) :

La Pharmacie Centrale des Hôpitaux (PCH) créée en 1995 a pour missions de définir avec les structures sanitaires publiques, les besoins qu'elle prend en charge, d'approvisionner les structures publiques après avoir assuré le contrôle de qualité, et de veiller à la régularité de l'approvisionnement.

  2.4. L'Agence Nationale du Sang :

L'Agence Nationale du Sang créée par décret n°95-108 du 9 avril 1995 a notamment pour missions, l'élaboration de la politique du sang, l'organisation de la transfusion sanguine, et l'élaboration de règles de bonnes pratiques de l'exercice de l'activité transfusionnelle.

2.5. L'Ecole Nationale de Santé Publique (ENSP):

L'Ecole Nationale de Santé Publique créé par décret n°89-11 du 7 février 1989, a pour objet, de dispenser des programmes de formation et de perfectionnement au personnel gestionnaire des établissements et structures de santé (cadres et décideurs). Elle est chargée notamment, d'assurer le perfectionnement et le recyclage des praticiens de santé publique chargés des missions de contrôle et d'inspection, de participer à la vulgarisation des démarches, méthodes et techniques modernes de gestion.

  2.6. Le Laboratoire National de Contrôle des Produits Pharmaceutiques (LNCPP)

Le Laboratoire National de Contrôle des Produits Pharmaceutiques créé par le décret n°93-140 du 14 juin 1993. Il a pour objet, le contrôle de la qualité, de l'expertise des produits pharmaceutiques. Il est chargé notamment, outre l'étude scientifique et technique des produits pharmaceutiques soumis à l'enregistrement, de la tenue de la mise à jour des banques de données techniques relatives aux normes et aux méthodes de prélèvements, d'échantillonnage et de contrôle de la qualité des produits pharmaceutiques, et de la surveillance de l'innocuité, de l'efficacité des produits pharmaceutiques commercialisés.

2.7. L'Agence Nationale de Documentation de la Santé:

L'Agence Nationale de Documentation de la Santé créé par le décret n°95-319 du 14 octobre 1995. Elle a pour objet de mettre à la disposition des personnels et des structures de santé, tout document, ouvrage, publication, information et moyen didactique concourant à leur formation et à leur information dans le domaine de la santé. Elle a pour mission notamment, de concevoir, d'élaborer, de produire, acquérir des documents et moyens didactiques, scientifiques et techniques et d'animer, de développer et coordonner les structures de documentation du secteur de la santé.

 3. Les organes consultatifs :

3.1. Les Comités Médicaux Nationaux :

Ils sont actuellement au nombre de 11. Il s'agit de comités intersectoriels pour la plupart:

Comité Médical National de Lutte contre les zoonoses créé par arrêté interministériel du 01.09.1984 présidé par Mr le Ministre chargé de l'Agriculture

Comité Médical National de Lutte contre les Maladies à Transmission Hydrique mis en place en 1987 et présidé par Mr le Ministre chargé de l'Intérieur et des Collectivités Locales

Comité Médical National Technique de Santé Scolaire créé par arrêté du 17.05.1993 et présidé par Mr le Ministre chargé de la Santé

Comité Médical National de Médecine du Travail créé par arrêté du 04.06.1989 et présidé par Mr le Ministre chargé de la Santé

Comité Médical National de Lutte contre la drogue et la toxicomanie créé par le décret n°92-151 du 14.04.1992, le secrétariat est assuré par la Direction de la Pharmacie

Comité Médical National de Lutte contre les MST/SIDA créé en 1989 a été restructuré en 1994 pour devenir intersectoriel (17 secteurs ministériels et 03 associations nationales)

Comité Médical National de Lutte contre le RAA créé par arrêté du 16.04.1990.

Au cours de ces deux dernières années, il a été mis en place quatre (04) autres comités intersectoriels:

Le Comité National de Nutrition créé par arrêté n°03 du 8 mars 1994, présidé par Mr le Ministre chargé de la Santé.

Le Comité National de Contrôle Sanitaire aux Frontières créé par arrêté n°35 du 1er juillet 1996 et présidé par Mr le Ministre chargé de la Santé et de la Population

Le Comité intersectoriel 'Amiante" créé par arrêté n°86 du 11 septembre 1996 et présidé par Mr le Ministre chargé de la Santé

Le Comité Médical National de Lutte contre l'Envenimation Scorpionique créé par arrêté n°07 du 23 janvier 1997 présidé par Mr le Ministre chargé de la Santé et de la Population

Si pour les derniers Comités Médicaux Nationaux créés, leur nature juridique, leur mode d'organisation et de fonctionnement et leur composition sont clarifiés, il n'en est pas de même pour la plupart des autres ou l'on constate une confusion de leurs tâches avec celles incombant aux structures de l'administration centrale qui en assurent le secrétariat et l'absence de précisions quand à leur fonctionnement et leur composition.

Depuis juillet 1996, l'évaluation des activités des Comités Médicaux Nationaux s'est traduite par l'élaboration en collaboration avec les concernés de textes définissant les missions et tâches de ces comités, ainsi que leur composition désignant nominativement les membres érigés en experts (3 à 5) auprès de Mr le Ministre. Ils ont en commun un Secrétariat Permanent ayant pour siège l'INSP. Il s'agit là d'une première étape qui a concerné les Comités Médicaux Nationaux relevant de la DSS.

 3.2. Comité ou Groupe Ad hoc :        

Par ailleurs, un certain nombre de comité ou groupe technique ad hoc ont été constitué et activent de façon épisodique comme organe consultant pour certains Programmes Nationaux de Santé tels que: le Programme Elargi de Vaccination - le Programme de Lutte contre les Maladies Diarrhéiques, et celui des Infections Respiratoires Aiguës, le Programme National de Lutte antituberculeuse, le Programme de Lutte contre la Mortalité Maternelle et Périnatale, le Programme de Lutte contre la Méningite Cérébro-spinale, le Programme de Lutte Anti-trachomateuse.

 A L'ÉCHELON INTERMÉDIAIRE.

1. Le Conseil Régional de la Santé :

Créé par arrêté interministériel n°22 en date du 11 avril 1995, Le Conseil Régional de la Santé se veut être un organe consultatif ayant pour mission de développer la coordination et la concertation intersectorielles et d'assurer de manière rationnelle et efficiente, la protection, la promotion et la réhabilitation de la santé des populations relevant de sa compétence sanitaire.

Actuellement, le pays est découpé en cinq (5) régions sanitaires chacune d'entre elle regroupent un certain nombre de wilayas, il s'agit des régions: Centre - Est - Ouest - Sud Est et Sud Ouest avec pour Chef Lieu, respectivement, Alger - Constantine - Oran - Ouargla et Béchar.

Dans le cadre de sa mission générale, le Conseil Régional de la Santé est chargé, notamment, en relation avec les organismes et structures concernés :

de veiller à la collecte, au traitement et à la diffusion de l'information sanitaire

d'orienter l'action sanitaire en fonction de la situation épidémiologique, des ressources disponibles et des priorités arrêtées

de proposer des programmes régionaux de santé et de procéder à leur suivi et leur évaluation périodique

d'encourager les initiatives locales avec l'ensemble des partenaires y compris les mouvements associatifs.

 2. L'Observatoire Régional de la Santé (ORS):

Les ORS sont des annexes de l'INSP (arrêté n°43 du 22 juin 1995). Ils sont au nombre de cinq (un par région sanitaire, avec pour siège la wilaya chef lieu de la région sanitaire). Leurs missions découlent de celles de l'INSP, mais adaptées à la situation de la région. Ils constituent la structure pivot de la région sanitaire en matière d'information sanitaire, de protection et de promotion de la santé, de lutte contre la maladie, de formation et de recherche en santé publique.

3. La Direction de la Santé et de la Population :

Elle fait l'objet actuellement d'un réaménagement suite au retrait des activités liées à la protection sociale dévolues au ministère chargé de la protection sociale. Ses prérogatives de puissance publique couvrent une multitude de champ d'activité concernant notamment :

la collecte et l'analyse de l'information sanitaire,

la mise en œuvre des programmes sectoriels, d'action sanitaire et leur évaluation: santé de la famille - santé en milieu scolaire, universitaire, et de travail, éducation sanitaire,

l'hygiène, la salubrité de l'habitat et la protection de l'environnement.

 

 A L'ÉCHELON LOCAL .

 1. Le Secteur Sanitaire :

Le Secteur Sanitaire a pour mission de prendre en charge d'une manière complète, intégrée, et hiérarchisée les problèmes de santé de la population par l'exécution en ce qui concerne des programmes nationaux et régionaux de la santé; l'identification des besoins de la population; l'évaluation des actions de santé; l'élaboration et l'exécution d'un programme d'action spécifiques en privilégiant les tâches de prévention et les soins de santé de base.

Au nombre de 178, les Secteurs Sanitaires couvrent une aire géographique correspondant le plus souvent au territoire d'une Daïra.

Le Secteur Sanitaire est constitué d'un ensemble de sous secteurs sanitaires dont il centralise la gestion et les moyens (humains et matériels). Il constitue la base du système de santé.

Le sous secteur est constitué d'un ensemble de structures assurant à la fois des activités curatives et préventives.

Salles de consultation au nombre de 4 174 (1995)

Centres de santé au nombre de 1 152 (1995)

Les polycliniques au nombre de 471 (1995)

 

2. Le SEMEP :

Il a été créé un Service d'Épidémiologie et de Médecine Préventive au sein de chaque Secteur Sanitaire par arrêté n°00115 du 4 novembre 1985. Il a pour tâches notamment: la collecte, le traitement et la diffusion de l'ensemble des informations sanitaires hospitalières et extra-hospitalières; la surveillance et la lutte contre les maladies transmissibles et les maladies non transmissibles les plus prévalantes, ainsi que le contrôle des normes d'hygiène du milieu. Toutes ces activités devant se faire en collaboration avec les Bureau d'Hygiène Communale.

 

3. Le BHC :

Il est placé sous l'autorité du président de l'Assemblée Populaire Communale (APC), et est chargé de préparer les instruments, actes et dossiers techniques requis par l'action des organes de la commune et du contrôle permanent de l'hygiène et de la salubrité publique au niveau de la commune (actuellement, un nouveau texte est proposé). Il souffre de l'inadéquation entre ses missions et les moyens mis à sa disposition, du manque de coordination et de collaboration avec les autres secteurs.

 

4. L'Unité de Dépistage et de Suivi (UDS) :

Créées par instruction interministérielle n°2 du 27 avril 1995 dans le cadre de la mise en œuvre du Plan portant réorganisation de la santé scolaire (circulaire interministérielle n°1 du 6 avril 1994). Chaque UDS doit couvrir une circonscription pédagogique comprenant un lycée - une ou deux écoles fondamentales, les AEF rattachées.

  

SITUATION SANITAIRE

 SITUATION SANITAIRE 

 I. DONNÉES 0DÉMOGRAPHIQUES

1. CARACTÉRISTIQUES GÉNÉRALES DE LA POPULATION

La population algérienne se caractérise encore par sa jeunesse et son accroissement démographique élevé, bien qu'en baisse certaine et constatée depuis une décennie.

L'Algérie reste un pays à urbanisation rapide avec une forte intensité des migrations internes, et notamment de l'exode rural. La population totale s'élevait au 1er janvier 1996 à 28 400 000 habitants.

Le maintien d'un niveau de natalité élevé et d'une fécondité quasi-naturelle jusqu'au début des années 80, conjugué à la réduction de la mortalité dont le taux a diminué de moitié entre 1966 et 1985, fait que la structure par âge reste caractérisée par le poids important des classes d'âges jeunes.

La part de la tranche d'âge 0-19 ans, catégorie essentiellement non productive et consommatrice en terme de besoins sociaux, représente plus de la moitié de la population totale, soit 53,3% en 1990 et 50,5% en 1995. La part des personnes du troisième âge (60 ans et plus) est infime, de l'ordre de 6% de la population totale. S'agissant de la répartition par sexe, il est a relever que la population algérienne compte autant d'hommes que de femmes, avec respectivement 50,42% et 49,58% en 1996.

La répartition de la population sur le territoire national est marqué par de grands déséquilibres: 65% de la population se concentre sur 4% du territoire national dans le nord du pays. 25% de la population est répartie sur 9% du territoire national dans la zone des hauts plateaux. 10% de la population est répartie sur 87% du territoire dans le Sud du pays. Les écarts entre les régions dans les densités de population restent extrêmement marqués : 1 habitant/km2 au Sud contre 222 habitants. km2 dans le Nord. Le taux d'urbanisation est passé ainsi de 31,4% en 1966 à 40% en 1977 et 49,6% en 1987. La population urbaine représenterait aujourd'hui 53% de la population totale (soit 15 000 000 de personnes).

 

2. NATALITÉ :

La natalité qui est restée à des niveaux très élevés jusqu'en 1985, enregistre une réduction importante; L'accroissement démographique naturel qui résulte de la différence entre les niveaux de natalité et de mortalité est en baisse continue et se situe en dessous de la barre des 2% en 1995. Pour rappel, le taux d'accroissement naturel est resté supérieur à 3% par an pendant plus de deux décennies, entre 1962 et 1985.

L'espérance de vie à la naissance est en augmentation: ne dépassant pas les 50 ans dans les années 60, elle se situait à 65,4 ans en 1987 et à 67,3 ans en 1992, pour atteindre les 69,9 ans en 1994.

 

3. MORTALITÉ :

En baisse rapide notamment depuis 1977, son évolution actuelle est à la stagnation à un niveau de 6/1000 : le taux brut de mortalité est estimé en effet à 6,03/1000 en 1990, 6,09/1000 en 1992 et 6,55/1000 en 1995.

En valeur absolue, le nombre de décès est passé de 151 000 en 1990 à 180 000 en 1994, en raison notamment du début de vieillissement de la population et de l'impact de la mortalité infantile (les décès de moins d'un an représentent 20% des décès totaux).

3.1. La mortalité infantile:

Son niveau a décru très fortement depuis l'indépendance, et notamment dans les années 80 avec un taux passant de plus de 150/1000 dans les années 60, à 85/1000 en 1980 pour se situer à 57,8/1000 en 1990 et à 54,8/1000 en 1995. Cet infléchissement traduit les progrès accomplis en matière d'accès aux soins de santé.

Le niveau de la mortalité reste cependant inacceptable au regard des moyens mis en œuvre et nécessite un renforcement des programmes de prévention. A titre de comparaison, le taux de mortalité infantile se situe à moins de 10/1000 dans les pays développés.

 3.2. La mortalité maternelle:

Malgré une amélioration des conditions de grossesses et de l'accouchement que traduit notamment l'augmentation de la part des accouchements en milieu assisté qui passe de 40% en 1980 à 76% en 1992, le niveau de la mortalité maternelle reste très élevé, de l'ordre de 230/1000 en 1989 et de 215/1000 en 1992 au niveau national.

 

 II. DONNES SOCIO-ÉCONOMIQUES

 1. RESSOURCES HUMAINES:

Au lendemain de l'indépendance, notre pays était en véritable "état d'urgence médicale" marqué par un nombre de médecins qui s'élevaient à 600 soit un ratio de 1 médecin/100 000 hbts exerçant une médecine curative essentiellement symptomatique, concentré dans les 3 grands centres urbains, une insuffisance de personnel paramédical (1380) dont la majorité n'était pas diplômée, et l'inexpérience des personnels d'administration et de gestion.

Depuis on assiste à un accroissement certes très faible durant la 1ère décennie au regard des besoins de la population qui connaît une exceptionnelle vitalité.

Actuellement, le secteur de la santé constitue un grand employeur public, et au 31.12.1995, les effectifs toutes catégories confondues s'élevaient à 182 179 personnes et se répartissent comme suit:

    1. Personnel médical:
    2. Après avoir connu un accroissement important des effectifs en activité pendant la décennie 1980 . Un certain fléchissement est apparu dès le début des années 1990, le système n'étant plus en mesure d'absorber aisément les produits de la formation. Ainsi, par rapport à 1993; le taux d'évolution des effectifs médicaux n'a été que de 6,2%.

 La répartition des spécialistes demeure toujours inégale à travers le territoire national. Les wilayas d'Alger, Oran et Constantine concentrent à elles seules 53% des spécialistes du secteur public et 34% du secteur privé. D'une manière générale, les densités médicales à l'échelle nationale sont satisfaisantes. Il faut cependant noter que les disparités de densités entre les wilayas existent toujours bien qu'elles tendent à s'amenuiser d'année en année. Il faut noter également un développement important du secteur privé ces dernières années; au 31.12.1995, les effectifs s'élevaient à 13,134 soit une augmentation de 13,6% en deux années. Par rapport aux effectifs globaux les praticiens privés représentent 31% des spécialistes, 31% des généralistes, 31% des chirurgiens dentistes et 87% des pharmaciens.

1.2. Personnel paramédical:

L'effectif s'élève à 85 082 agents; il comprends:

36 641 diplômés d'Etat soit 43 % - 30 648 brevetés soit 36% - 17 793 aides en soins soit 21%. 76% de ces effectifs exercent dans les hôpitaux des secteurs sanitaires; 20%     dans les CHU; et 4% dans les établissements spécialisés. La densité nationale est de 1 paramédical pour 343 habitants, 7 615 élèves étaient en formation au 31.12.1995 principalement en soins infirmiers généraux et soins obstétricaux.

1.3. Personnel administratif, technique et de service:

Les effectifs du personnel administratif, technique et de service s'élèvent à 58 202 personnes dont:

13 077 administratifs (22,4%) - 928 techniques ( 1,5%) - 44 197 de service soit (76%) Par rapport à 1993, ces effectifs demeurent constants.

 En conclusion, un déséquilibre géographique est constaté aussi bien pour le personnel médical que paramédical; il existe notamment au niveau de certains secteurs sanitaires du nord des sur-effectifs alors que ceux du sud et des hauts-plateaux sont confrontés à un manque qui entraînent une sous-utilisation des structures de santé.

 

2. LES INFRASTRUCTURES :

Au 31.12.1995, les infrastructures du secteur de la santé se composent de : - 184 hôpitaux avec un total de 32 304 lits - 8 cliniques d'hospitalisation des secteurs sanitaires totalisant 398 lits - 13 CHU (16 093 lits) - 21 EHS (5 401 lits) - 448 maternités publiques avec un total de 4 725 lits - 42 maternités privés totalisant 642 lits.

En ce qui concerne les infrastructures extra-hospitalières, on compte : - 471 polycliniques - 1 152 centres de santé - 4 174 salles de soins dont 417 sont non fonctionnelle- 716 CMS - 38 laboratoires de wilaya - 3 312 pharmacies privés.

Rapportées à la population il ressort les ratios nationaux moyens suivants : - 203 lits pour 1 000 hbts - 1 polyclinique pour 61 571 hbts - 1 centre de santé pour 25 172 hbts - 1 salle de soins pour 6 948 hbts - 1 officine pharmaceutique pour 6 548 hbts

Les infrastructures en cours de réalisation se composent de 7 hôpitaux; 1 clinique d'ophtalmologie de 90 lits; un service de psychiatrie de 40 lits; une extension d'une polyclinique en un hôpital de 60 lits; 9 maternités; 14 polycliniques et 26 centres de santé avec lits de maternités; 12 laboratoires d'hygiène de wilaya et 27 centres d'hémodialyse.

Comme on peut le constater, l'effort d'investissement est maintenu pour éliminer les disparités régionales et répondre aux besoins induits par la croissance démographique notamment dans le domaine des infrastructures légères et des services spécialisés.

Cette approche qui consiste à compléter le développement extensif dans les zones défavorisées sera renforcer par une politique de Redynamisation et de réhabilitation des structures de santé afin d'améliorer les taux d'utilisation. En effet, les taux d'occupation dans les hôpitaux de l'intérieur du pays demeurent bas, notamment en raison de l'absence de médecins spécialistes et de la faiblesse de certains plateaux techniques. Ces dysfonctionnement gênent le fonctionnement du système à cause des évacuations des malades vers les grands centres urbains et remettent en cause le principe de complémentarité entre les établissements de santé et celui de la hiérarchisation du système entre les soins primaires, secondaires et tertiaires.

 

3. RESSOURCES FINANCIÈRES :

Malgré les efforts soutenus, notamment par l'Etat qui apparaissent bien dans l'augmentation des sommes allouées chaque année au secteur , les effets de la crise ont abouti en réalité à une baisse de la Dépense Nationale de Santé (DNS) en dinars constants : 6% du PIB dans les années 1980, 4,64 en 1993.

La dépense de santé par habitant est également en baisse, en dinars constants, elle passe de 1142,2 en 1988 à 824,1 en 1995 soit une chute de 28%.

Cette situation à une répercussion directe sur les capacités du secteur à faire face à ses besoins de santé rendant compte de la baisse des investissements et des difficultés de fonctionnement. De plus, le mode de financement actuel est en totale inadéquation avec les changements économiques en cours.

 

III. DONNÉES ÉPIDÉMIOLOGIQUES

1. MALADIES TRANSMISSIBLES :

  1. Maladies contrôlables par l'hygiène du milieu:
    1. Les maladies à transmission hydrique ont toujours sévit à l'état endémique en Algérie. Cependant, au cours de ces dernières années, on assiste à une progression préoccupante sous forme d'épidémies n'épargnant aucune région du territoire national.

La fièvre typhoïde: qui sévissait sous forme sporadique au début des années 1960 est devenue endémo-épidémiologique. Son incidence annuelle qui était inférieure à 10/100 000 habitants au cours des dix premières années de l'indépendance a largement augmenté à partir de 1975 pour atteindre 16,21/100 000 habitants en 1995.

Le choléra: introduit en Algérie en 1971 (9,5 cas/100 000 hbts) sévit depuis sous forme d'épidémie cyclique tous les 3 à 4 ans , 1979 - 1982 et 1986 où l'on a dénombré 8008 cas confirmés, 8 152 porteurs sains et 450 décès. Depuis les pics attendus en 1990 et 1994, n'ont pas eu lieu et le nombre des cas enregistrés ces dernières années a été de 17 en 1993, 130 en 1994 et de 5 en 1995.

L'hépatite virale: qui a commencé à être déclaré qu'à partir de 1976, connaît une progression régulière, et le nombre de cas déclarés annuellement est de l'ordre de 3 000.

 Cette situation s'explique par :

 la vétusté et l'absence chronique d'entretien du système d'adduction d'eau potable et sa non conformité favorisé par l'absence du contrôle technique des services de l'hydraulique,

 la dégradation de l'hygiène du milieu notamment provoqué par l'insuffisance et la vétusté du réseau d'évacuation et de traitement des eaux usées, le développement de l'habitat précaire et l'urbanisation anarchique engendrant le recours à une multitude de modes improvisés d'approvisionnement en eau qui sont autant de risques de contamination et donc de foyers épidémiques non maîtrisables.

 L'insuffisance voir l'inapplication des textes de lois (permis de lotir, permis de construire, plan d'occupation des sols, études d'impact sur l'environnement, plan directeur d'aménagement et d'urbanisme), et le chevauchement des prérogatives entre plusieurs organismes, institutions et intervenants.

L'envenimation Scorpionique : demeure un véritable problème de santé publique en Algérie. Chaque année 30 à 35 000 piqûres sont enregistrées à travers le territoire national, particulièrement dans les wilayas des hauts-plateaux, de la steppe et du sud, 100 à 150 décès sont régulièrement déplorés chaque année. L'ampleur du problème et la nécessité de réduire ce fléau en étroite collaboration avec tous les intervenants ont suscité la mise en place d'un comité national intersectoriel de lutte contre l'envenimation Scorpionique en janvier 1997.

1.2. Les maladies contrôlables par la vaccination:

La tuberculose: après la mise en place en 1975, du Programme National de Lutte contre la Tuberculose, des résultats tangibles ont été enregistrés. La taux de tuberculose toutes formes confondues, était de 150/100000 habitants avant 1975, il est passé à 53,2/100000 habitants en 1981 et à 46,6/100000 hbts en 1995 ou en étaient notifiés 13 487 cas dont 5 735 cas de tuberculose pulmonaire à microscopie positive. Par ailleurs, le risque annuel d'infection a considérablement baissé durant ces 30 dernières années, estimé à plus de 3% en 1965, il est actuellement de l'ordre de 0,44%. La tendance évolutive de la morbidité et de la mortalité tuberculeuse est à la stagnation depuis 1991 (45 à 47 cas/100 000 hbts), alors qu'elle était jusque là en diminution régulière. Ce programme se heurte à des problèmes risquant de compromettre les résultats acquis et attendus : pénurie et rupture de stock concernant le matériel (films radioscopie, réactifs...) et le médicament (apparu en 1991).

 La rougeole: était une des principales cause de décès chez les enfants. Depuis son introduction dans le calendrier vaccinal à l'âge de 9 mois, son incidence a considérablement diminué. Cependant ces dernières années, on assiste à une recrudescence des cas sous formes de petites épidémies. Le nombre de cas est passé de 1716 en 1990 à 9296 cas en 1995 et à 19 372 en 1996.

La diphtérie: après avoir considérablement diminuée (3,52/100000 hbts en 1963 à 0,08/100000 hbts en 1982) a connu au cours des trois dernières années, une brusque et alarmante progression sous forme d'épidémie (23 cas en 1992, 296 cas en 1993, 972 cas en 1994, 991 cas en 1995), cependant le dispositif mis en place par le MSP au début de l'année 1995 a permis, de maîtriser la situation comme en témoigne, la chute significative du nombre de cas qui est passé à 117 en 1996.

La poliomyélite: largement sous déclarée au cours de la première décennie de l'indépendance, elle a vu son incidence commencé à diminuer progressivement à partir de 1973, l'Algérie ayant adhéré au programme d'éradication de la poliomyélite avant l'an 2000, à mis en place un comité national d'éradication de la poliomyélite en 1992, le nombre de cas confirmé depuis l'année 1990 varie entre 0 et 5 cas par an. Depuis 1994, l'Algérie a organisé chaque année, "les journées nationales de consolidation de la vaccination antipoliomyélites pour les enfants âgés de 0 à 6 ans.

Le tétanos: son incidence diminue progressivement. Elle est passée de 53/100000 hbts en 1963 à 0,32 en 1982 et 0,11 en 1995. Ceci est probablement due à l'amélioration de la prise en charge des grossesses et des accouchements en milieu assisté (40% en 1979 - 76% en 1992 ) et de la couverture vaccinale antitétanique de la femme enceinte.

La coqueluche: a vue son incidence annuelle passée de 2,97/100 000 hbts en 1982 à 0,01/100 000 habitants.

Ces maladies font partie du Programme Élargi de Vaccination dont les résultats sont appréciables, malgré un certain nombre de contraintes lié à la chaîne du froid, du relâchement des activités dans certaines wilayas , d'absence de supervision et aux tensions sur la disponibilité des vaccins avant 1995. La couverture vaccinale, au cours de ces dernières années est marquée par des taux autour de 90% pour le B.C.G. (95% en 1995), de 80 à 90 % pour le DTCP1, et DTCP2, de 57 à 82 % pour le DTCP3 (74% en 1995) et de 50 à 70% pour le vaccin antirougeoleux.

La méningite cérébro-spinale demeure une affection endémo-endémique avec des poussées épidémiques décennales

1.3. Les autres maladies transmissibles prévalantes :

1.3.1. Les zoonoses :

Elles sévissent à l'état endémo-épidémique et représentent près du quart des maladies à déclaration obligatoire. La mise en place d'un comité intersectoriel en 1984 avec pour objectif la réduction de la morbidité et de la mortalité liées aux zoonoses n'a pas donné les résultats attendus. En effet, on assiste et notamment depuis le début des années 1990 à une progression alarmante des cas et leur répercussion socio-économique est de plus en plus importante.

La brucellose: est en progression continue, son incidence annuelle est passée de 0,66 cas/100 000 hbts en 1990, à 9,30 cas pour 100 000 habitants en 1995 (2637 cas). Cette augmentation est liée à une meilleure sensibilisation du personnel médical, à la mise en place de laboratoires vétérinaires régionaux permettant le diagnostic, mais aussi l'émergence d'année en année de nouveaux foyers parfois dans des zones non connues comme zones d'endémie, les foyers traditionnels demeurent actifs.

La rage: Le nombre de cas de rage humain ces dernières années est en augmentation, 30 à 40 cas/an sont enregistré à travers le territoire national, des dizaines de milliers de personnes sont soumis à une vaccination après contact suspect avec des animaux (50 000 cas pour le seul centre de l'IPA d'Alger), dont le coût est estimé à 1 000 DA. En 1995, il a été dénombré 1 209 cas de rage animale répartis en 1 053 foyers.

La leishmanioses: elle sévit sous deux aspects : la cutanée et la viscérale. La forme avancée longtemps cantonnée dans la région de Biskra constitue aujourd'hui une réelle menace pour toutes Les zones steppiques Nord Sahariennes et les hauts-plateaux qu'elle a atteint. Elle se manifeste sous forme endémique autour de 1 500 cas/an avec près de 4000 cas/an lors des recrudescences épidémiques.

Le kyste hydatique: Largement sous déclaré, le nombre de cas dénombré dans les services de chirurgie représente près de 2000 cas par an. Cette situation se trouve favorisée par le nombre élevé d'abattage clandestin, l'absence et l'insuffisance de contrôle du commerce des viandes, laits et dérivés, l'insuffisance voire l'absence dans la lutte contre les animaux errants, le manque de coordination , et d'implication effective des secteurs concernés.

 

1.3.2. Le paludisme:

Grâce au programme d'éradication du paludisme lancé en 1968, le paludisme ne représente plus l'endémie majeure qu'il constituait par le passé (30 000 cas/an entre 1962-1968). Depuis, il régresse progressivement pour se caractériser actuellement par un nombre de cas variant de 100 à 200/an, 80% sont déclarés par les wilayas du Sud essentiellement, Tamanrasset et Adrar, la persistance du foyer d'Ihrir (Illizi) et l'importante augmentation des cas de paludisme d'importation (2/3 des cas en moyenne) , le lieu d'infestation étant à 80%, le Mali et le Niger. Cependant le développement des échanges commerciaux, les mouvements de populations souvent incontrôlés aux frontières Sud du pays imposent une grande vigilance.

 

1.3.3. Les maladies sexuellement transmissibles et le SIDA :

Au 30 septembre 1996, l'Algérie totalise un nombre de 295 cas de SIDA cumulés et 601 cas de séropositif. Le nombre de séropositifs sous estime la réalité puisqu'il ne représente que les cas dépistés chez les donneurs de sang et lors de quelques enquêtes. La transmission hétérosexuelle locale domine le tableau épidémiologique ces dernières années, contrairement aux premières années où les cas étaient contaminés surtout à l'étranger par voie sanguine. La tranche d'âge la plus touchée est celle de 20 - 49 ans. Cette évolution de l'infection HIV impose une politique de prévention surtout sexuelle et le MSP.

1.3.4. Les maladies diarrhéiques et les Infections Respiratoires Aiguës (IRA)

Sont en Algérie comme dans les pays en voie de développement, l'un des principaux facteurs de morbidité et de mortalité chez les enfants de moins de 5 ans. Chaque année, environ 20 000 enfants de moins de 2 ans étaient hospitalisés pour diarrhée et 10% décédaient. Ce qui représentait 25% de la mortalité hospitalière des moins de 2 ans.

Quand aux IRA, ils étaient, selon l'enquête mortalité , morbidité infantile de 1989, à l'origine de 13,8% des décès chez les moins de 5 ans, 32,7% des motifs d'hospitalisation et de 39,7% des motifs de consultation chez les moins de 1 an. La mise en œuvre du programme de lutte contre les maladies diarrhéiques a parmi de constater en 1995 dans une évaluation de la morbidité-mortalité hospitalière, que sur 121 096 enfants de 0 à 59 mois hospitalisés toutes causes confondues, 19 787 l'ont été pour diarrhées et 29 035 pour IRA. Parmi les décès (8 526), 1 500 l'ont été par diarrhées et 1283 l'ont été par IRA. Ce qui rend compte de la nécessité de la poursuite du programme de lutte contre la diarrhée et du lancement depuis 1996 de celui des IRA.

 

2. LES MALADIES NON TRANSMISSIBLES :

2.1. Le cancer:

Malgré les difficultés inhérentes au recueil des données, la mise en place d'un registre du cancer notamment à l'INSP permet d'esquisser un profil de morbidité en nette progression, marquée chez l'homme par la fréquence des cancers pulmonaires et digestifs (estomac, colo-rectum), chez la femme par la progression alarmante du cancer du sein (25% des cancers féminins) le cancer du col de l'utérus étant la 2ème localisation. Chez l'enfant il est constaté une faible proportion par rapport à l'adulte (moins de 5%).

2.2. Les maladies nutritionnelles:

Au lendemain de l'indépendance, la malnutrition constituait un des premiers problèmes de santé publique. Des enquêtes ponctuelles rapportaient jusqu'à 60% d'enfants malnutris. L'amélioration des conditions socio-économiques et l'élévation du niveau de vie a permis de constater que la malnutrition chez les enfants de moins de 5 ans est allée en diminuant de 50% chaque décennie. La prévalence est passé de 60 % à 28,5% en 1975, puis à 11,2 en 1987. Les malnutritions graves ont diminué de moitié durant cette période passant de 2,5% à 1,2%. Les retards staturaux sont passés quant à eux, d'un seuil de 45,9% à 16,5%. Par ailleurs, l'enquête nationale de 1995 montre que s'agissant du retard pondéral modéré pour l'âge, il s'est maintenu au même niveau qu'en 1987, soit 10%. En revanche, la proportion des formes graves d'insuffisance de poids pour l'âge a doublé au cours de cette dernière décennie pour atteindre 3%. Des études ponctuelles estiment à 8% le nombre de nouveaux nés dont le poids à la naissance est inférieur à 2 500 g.

Anémies par carence nutritionnelle: la fréquence des anémies est estimée à 3% chez les hommes contre 20% à 40% chez les femmes. Pour les nourrissons, elles sont passées de 41% en 1967 à 10% en 1987. La carence la plus répandue est celle du fer.

Carence en vitamines A et D: la fréquence du rachitisme observée en 1975 et 1987, selon les critères chimiques a chuté chez les enfants de moins de 3 ans de 28,4% à 10,2%. La carence en vitamine A n'a pas fait l'objet d'études systématiques.

Carence en iode: la population exposée au risque de la carence iodée est estimée à 5 millions de personnes. Elle est concentrée au nord du pays dans un rayon très limité. La prévalance du goitre chez les enfants scolarisés en 1990/1991 est estimé à 11,65% dans le nord, à 7,8% dans le littoral et 5,2% dans les hautes plaines.

1. La surveillance de la carence iodée et le contrôle de la qualité du sel iodé alimentaire est assurée par l'INSP depuis 1992.

2. Dans le cadre du programme national de nutrition, un système de surveillance des carences nutritionnelles prévalantes basé sur un réseau de poste sentinelle a été mis en place en 1996.

2.3. Les maladies cardio-vasculaires:

Le RAA demeure, malgré un programme national lancé en 1990, un grand pourvoyeur de cardiopathies rhumatismales. La diminution de l'incidence n'a été de 13,6% au lieu des 50% espérés, en 1995 1 000 interventions ont été pratiqué pour séquelle de RAA, la moitié d'entre elles ont eu lieu à l'étranger au prix moyen de 200 000 FF par intervention.

 Les cardiopathies ischémiques et surtout l'HTA sont en constante progression. En effet, l'Enquête Nationale de Santé de 1990 montre que pour les maladies chroniques, les maladies cardio-vasculaires viennent en tête avec 22,5% (3/4 des cas sont représentés par l'HTA) puis les maladies de l'appareil respiratoires avec 18,4% (asthme plus de 50% des cas), le diabète représentant 6,8%.

2.4. La toxicomanie:

Longtemps à l'abri de ce fléau planétaire , notre pays est désormais menacé. Les données actuellement disponibles insuffisantes et parcellaires donnent une idée de l'ampleur du problème. Les statistiques judiciaires, celles de la sûreté nationale et de la gendarmerie nationale montre une augmentation régulière des affaires traités en matière de drogue et de quantités saisies. Une enquête de l'INSP sur la consommation des psychotropes chez les jeunes dans la wilaya d'Alger montre que 51,3% ont consommé des psychotropes et que 23,8 % sont réguliers:

Par ailleurs, l'échec scolaire, l'exclusion, le chômage, la dévalorisation du travail, le vide culturel, la promiscuité, l'augmentation de la criminalité, du banditisme et du terrorisme, le manque flagrant d'information, d'éducation et de sensibilisation de la population à risque que sont les jeunes, constituent parmi d'autres des facteurs favorisant certains et signalent la gravité et l'urgence de ce problème qui devait être pris en charge par une commission interministérielle mise en place en 1992.

2.5. La Santé Mentale:

Depuis l'indépendance, malgré les efforts consentis, la santé mentale connaît actuellement des problèmes importants en ce qui concerne : les structures d'accueil des malades - l'organisation générale des soins - un manque important et une mauvaise répartition des personnels - l'application de la loi de la santé mentale.

En ce qui concerne les structures de soins, de vastes régions du pays restent sans aucune couverture en santé mentale. Le Comité National Médical de Psychiatrie évalue le déficit global en lits psychiatriques à plus de 16 000 lits. ce déficit se fait notamment sentir au niveau de la psychiatrie d'urgence où seulement quelques unités (dotées d'un nombre insignifiant de lits) sont actuellement en fonction.

L'organisation générale des soins est rendue problématique par le dysfonctionnement constaté entre le secteur hospitalier et le secteur extra-hospitalier. Ce dernier se limite dans notre pays seulement à des points de consultation dans les secteurs sanitaires et les hôpitaux psychiatriques.

Le Comité National Médical de Psychiatrie estime le nombre de psychiatres en exercice à environ 220 dont 116 en exercice dans le secteur privé. Plus de 120 psychiatres ont quitté le pays durant ces dernières années. 201 psychologues sont actuellement en exercice (secteur public et privé) 50% de ces effectifs sont concentrés au niveau du centre du pays.

En ce qui concerne la législation psychiatrique, la loi 85-05 dans sa partie relative à la santé mentale connaît des difficultés depuis sa promulgation dans l'exécution sur le terrain de certaines de ses dispositions, notamment en matière de placement. Il en est de même pour l'articulation entre le système de soins spécialisé et le système général de soins de base avec les programmes locaux de PMI et de santé scolaire notamment.

Enfin, notre pays fait face à une accentuation des troubles psychiatriques aigus et chroniques post-traumatiques liés à la situation sécuritaire.

Concernant l'enfant et l'adolescent, tout le dispositif de prise en charge se limite actuellement à quelques points de consultation rattachés aux hôpitaux psychiatriques et services s'occupant des adultes.

3. LES ACCIDENTS:

3.1. Les accidents de la route:

L'Algérie n'est pas épargné par ce fléau, elle a le triste privilège d'être l'un des pays les plus touchés (1979 : 33 232 victimes dont 3 114 tués sur le coup, en 1993 : 32 689 blessés et 3 673 décès). Il est actuellement enregistré chaque année près de 20 000 accidents faisant 4 000 morts et 27 000 blessés.

Ainsi, un algérien meurt toutes les heures et un autre est blessé toutes les minutes. Ce qui montre la gravité exceptionnelle des accidents de la route dans notre pays.

 3.2. Les accidents de travail et les maladies professionnelles:

L'industrialisation de notre pays a été à l'origine d'une augmentation significative des accidents de travail et de l'apparition d'importante pathologies professionnelles. Le nombre d'accidents de travail était de 63 343 en 1979, 85 119 en 1981 et 70 000 dont 700 mortelles en 1994 (statistiques CNAS). Le taux moyen d'incapacité permanente est de 16 % .

La situation épidémiologique des maladies professionnelles demeure mal connue. Les données, entre 1988 et 1993, montrent que les maladies professionnelles déclarées sont chaque année de l'ordre de 800 cas et que les plus fréquentes sont celles provoquées par les ambiances physiques essentiellement les surdités professionnelles, les dermatoses, les manifestations allergiques et les pneumoconioses.

Ces affections indemnisées ne reflètent pas la réalité du risque professionnel en raison de l'inadaptation de la réglementation et de la sous déclaration liée à l'insuffisance du dépistage. En 1995, le Comité National de Médecine du Travail a été amené a porter le nombre de tableaux des maladies professionnelles à 84 au lieu de 62. Il reste cependant à poursuivre cet effort d'adaptation à l'épidémiologie réelle.

  

TENDANCES ÉVOLUTIVES,

ACTIONS ENGAGÉES

ET PERSPECTIVES

 

TENDANCES ÉVOLUTIVES, ACTIONS ENGAGÉES ET PERSPECTIVES

Durant ces dernières années, la politique de prévention a connu de nombreux changements, dus à une approche plus centrée sur la budgétisation, la régionalisation et l'intersectorialité.

Dans cette partie, nous analyserons les tendances évolutives récentes, nous décrirons les programmes en cours de réalisation, et nous terminerons en présentant les perspectives d'avenir.

 

1. LES TENDANCES ÉVOLUTIVES

1.1. La budgétisation de la prévention

L'analyse de l'évolution de la part consacrée à la prévention dans le budget de fonctionnement depuis 1962 montre que ce poste budgétaire a été en s'amenuisant proportionnellement. Il faut toutefois noter que pour ces 2 dernières années, la tendance s'est inversée.

Cette portion congrue contraste avec les déclarations des différents ministres qui ont toujours affirmés la primauté du préventif sur le curatif.

Ce n'est que depuis quatre années que l'idée d'une budgétisation de la prévention plus conforme aux besoins exprimés s'est fait jour. Cette évolution de l'approche a été en fait introduite par la démarche par programme qui s'est progressivement imposée dans le domaine de la prévention. Une première budgétisation a été faite pour le programme de lutte antituberculeuse, puis un second pour le programme de lutte contre le RAA. Le 7 juillet 1995, un conseil interministériel a été consacré à la prévention, et à cette occasion les différents programmes ont été budgétisés. Un budget global a pu être présenté. Il atteignait 2 milliards, 600 millions de DA, alors que la dotation de 1995 avait été de 400 millions de DA. Le conseil interministériel a tranché en janvier d'une augmentation substantielles du budget. toutefois, la somme finalement allouée a été largement en deçà des besoins réels.

Cette démarche globale a été poursuivie pour les années suivantes. Elle reste cependant insuffisante. En effet, elle ne prend pour le moment en compte que les budgets de fonctionnement concernant strictement le secteur de la santé. Il n'existe pour le moment aucune analyse économique qui permette de définir d'une manière ou d'une autre les sommes à allouer aux autres secteurs pour promouvoir réellement la prévention.

Ces contributions financières qui pourraient s'appuyer sur le principe "fauteur payeur" devraient permettre d'apprécier des investissements à dégager dans le domaine de la prévention des maladies à transmission hydrique, des accidents de la route, des zoonoses, de la nutrition etc.) Une première approche a été tentée en 1995 dans le cadre d'une approche intersectorielle, mais elle n'a pas été réellement poursuivie.

 

1.2. La Régionalisation :

L'idée de la régionalisation n'est pas une idée nouvelle. Elle a été proposée dans la carte sanitaire de 1982, et elle a été de nouveau préconisée dans le document de 1990 concernant la réforme du système de santé.

En fait, un des aspects actuels concernant la régionalisation est le pragmatisme avec lequel elle a été mise en place. C'est ainsi que l'aspect consultatif des premières instances mises en place, les Conseils Régionaux de Santé, a pris le pas sur la mise en place de structures plus lourdes dotées d'un pouvoir de décision. C'est également ainsi que les Observatoires Régionaux de la Santé sont en train de structurer leur place exacte dans le schéma actuel du système d'information.

Actuellement, la régionalisation hésite entre plusieurs options. Ces options concernent d'abord la nature de la structure devant manager la région et l'importance de ses pouvoirs de décision: quel rôle dans l'attribution des budgets, quel rôle dans la gestion du personnel, quel rôle dans la politique d'investissement.

Elles concernent également l'assiette territoriale de la région. Dès à présent, les Assises Régionales ont proposé la création d'entités sous-régionales.

Enfin, concernant le rôle et la place des ORS, quel doit être le lien avec le président du conseil régional et avec l'INSP dont ils sont statutairement des annexes.

 

1.3. L'Intersectorialité :

Depuis longtemps, l'accent a été mis sur la mission coopération entre les différents secteurs de la nation pour prévenir un certain nombre de maladies et de fléaux sociaux. Cette approche qui s'observe du reste dans un grand nombre de pays, s'est peu à peu cristallisée dans notre pays autour de deux concepts antagonistes qui recouvrent en partie la notion d'intersectorialité, le concept de "coalition", et le concept "fauteur payeur".

Le concept de coalition s'appuie sur le fait que différentes entités peuvent trouver un certain nombre de bénéfices en poursuivant un ou plusieurs objectifs communs.

Le concept "fauteur payeur", lui s'est développé dans un grand nombre de pays, autour des problèmes de pollution et de protection de l'environnement.

Ces dernières années, ces deux concepts ont progressivement émergé dans le domaine de la prévention, dans le domaine de la santé scolaire et universitaire, dans le domaine des zoonoses, dans le domaine de la nutrition, un certain nombre de programmes d'action ont été élaborés par des groupes intersectoriels qui ont défini des objectifs et un échéancier commun, et ont cherché à mettre en commun un certain nombre de moyens.

Il en est de même, pour les campagnes nationales de vaccination, notamment en matière d'éradication de la poliomyélite, même si les bénéfices concernaient essentiellement le domaine de la santé. Derrière ces différentes interventions, se profilait le concept de coalition.

Dans un cadre relativement différent, on a vu apparaître le concept 'fauteur payeur". Ce concept est apparu à l'occasion des épidémies de maladies à transmission hydrique, où les collectivités locales ont été mises au banc des accusés et ont parfois été estées en justice. Il est également en train d'émerger en matière de zoonoses, où la tendance de demander réparation aux propriétaires ou aux structures responsables de la circulation d'animaux vecteurs de la maladie, est en train de se faire jour. Il en va de même pour les accidents de la circulation, ou encore, pour un certain nombre de nuisances liées à l'environnement.

Il est fondamental d'associer, le concept d'intersectorialité a celui de la budgétisation. C'est en effet uniquement par le biais d'évaluations financières que l'on peut envisager de déplacer un type d'intervention a priori purement sanitaire vers un autre secteur de la société. Il faut du reste souligner que cette approche intersectorielle reste entravée par le manque d'évaluation des coûts dans un très grand nombre de secteurs.

En pratique l'intersectorialité s'est traduite par différentes manifestations :

Création de comités intersectoriels activant à différents niveaux nationaux ou de wilaya (comité des MST, comité des zoonoses, comité de santé scolaire, comité MST/SIDA, comité de nutrition...).

Programmes d'action intersectoriels

Intégration de représentants de différents secteurs d'activité au sein des Conseils Régionaux de la Santé.

  

2. LES PROGRAMMES DE PRÉVENTION AUJOURD'HUI :

 Il existe aujourd'hui 17 programmes structurés et mis en œuvre par la Direction de la Prévention, avec le soutien technique de l'INSP et de l'IPA.

 2.1. Les programmes de santé maternelle et infantile :

Il existe six programmes de santé maternelle et infantile qui ont connu au cours de ces trois dernières années, des changements appréciables.

2.1.1. Le Programme Élargi de Vaccination a été l'objet d'une attention spéciale du fait d'une part, de la recrudescence depuis 1992 d'un certain nombre de maladies transmissibles (diphtérie, rougeole) et d'autre part, de la dynamique régionale et mondiale concernant l'éradication de la poliomyélite et l'élimination du tétanos néo natal.

Le renforcement de la vaccination s'est faite par l'intermédiaire de campagnes de vaccination en milieu préscolaire et scolaire, et également, par l'adoption d'un nouveau calendrier vaccinal. Parallèlement, l'accent a été mis sur la surveillance épidémiologique, notamment pour la morbidité et la mortalité par rougeole, pour la surveillance des cas suspects de diphtérie, et pour le dépistage et le suivi des paralysies flasques aiguës.

Actuellement, il est nécessaire de renforcer la surveillance de la chaîne du froid, et d'améliorer la captation des naissances par une meilleure liaison avec l'état civil.

2.1.2. Le programme de lutte contre les maladies diarrhéiques :

Ce programme qui remonte à 1986 a été intensifié depuis 1994, avec la relance des campagnes estivales, l'accent mis sur l'utilisation des sels de réhydratation et la mise en place d'un nouveau support d'information. Une baisse significative des décès par déshydratation aiguë en milieu hospitalier a été observée ces deux dernières années. Malgré cela, l'utilisation de la thérapie de réhydratation orale est encore largement en deçà de l'objectif des 80% qui est fixé par le programme.

 

2.1.3. Le programme de lutte contre les infections respiratoires aiguës :

Ce programme a été implanté dans un certain nombre de secteurs sanitaires durant l'année 1995. Un guide technique a été élaboré et diffusé sur le terrain. Un support d'évaluation, combiné avec celui du programme LMD a été mis en place dans tous les secteurs sanitaires. La formation des personnels se poursuit actuellement.

2.1.4. Le programme de lutte contre la morbidité et la mortalité maternelle et périnatale :

Il est encore au stade de l'implantation. Depuis 1994, nous disposons de supports d'information nous permettant de mieux connaître l'importance du phénomène. Toutefois, il est évident qu'un tel programme doit être structuré différemment selon les spécificités des régions. De plus, les activités de base d'un tel programme, essentiellement axées sur la surveillance des grossesses, sont encore mal évaluées en raison entre autres de l'interférence entre les secteurs public et privé.

 

2.1.5. Le programme de nutrition :

Il comporte en fait plusieurs sous-programmes : lutte contre la MPE, lutte contre le rachitisme, lutte contre les anémies carentielles, lutte contre les troubles de la carence iodée, promotion de l'allaitement maternel.

 Pour tous ces programmes, un certain nombre d'activités existent. Elles sont encore mal évaluées. Depuis 1994, un comité national a été installé. Il a élaboré un guide technique et une formation des personnels a eu lieu. Elle a débouché sur la mise en place et l'équipement de zones sentinelles dans chaque wilaya. Par ailleurs, ce programme nutrition bénéficie de l'approche intersectorielle, en particulier dans le domaine de la coordination avec le secteur de l'éducation.

 

2.1.6. Le programme de lutte contre le RAA :

Ce programme qui a été implanté depuis 1990, a été évalué en 1996 et fait actuellement l'objet d'une relance sur une base régionale. Le traitement des angines par la Benzathim/pénicilline, et l'organisation de la prophylaxie secondaire sont les axes majeurs de ce programme.

 

2.2. Les Programmes de Santé en Milieu Spécifique :

2.2.1. Le programme de santé au travail

La médecine du travail connaissant des contraintes qui entravent son application et son développement est une institution légale et une discipline faisant appel à l'intervention à la fois des partenaires sociaux et des pouvoirs publics.

Dans ce cadre, plusieurs actions ont été engagées depuis l'année 1995 :

Le Comité National de Médecine du travail a établi un rapport portant sur le bilan de la couverture sanitaire des travailleurs et les perspectives d'amélioration envisageables qui ont fait l'objet d'un plan d'action intersectoriel (Santé - Travail - CNAS - Inspection du travail, Syndicats etc...).

Concernant le volet réglementaire, plusieurs textes ont été publiés notamment :

l'arrêté interministériel du 2 avril 1995 fixant la convention type relative à la médecine du travail établie entre l'organisme employeur et le secteur sanitaire ou la structure compétente ou le médecin habilité.

l'arrêté interministériel du 5 mai 1996 fixant la liste des maladies présumées d'origine professionnelle actualisée

l'arrêté interministériel du 13 avril 1996 fixant la composition de la Commission des maladies professionnelles.

Le contrôle de l'application de la réglementation a fait appel davantage à l'intervention de l'Inspection du Travail en liaison avec les services de la médecine du travail.

Le Conseil d'Hygiène et de Sécurité et de Médecine du Travail a été installé en septembre 1996 et les travaux des commissions spécialisées qui le composent orienteront la politique nationale de prévention des risques professionnels.

En matière de sensibilisation plusieurs conférences nationales et régionales en 1995 et 1996 ont insisté sur la nécessité de l'intersectorialité et de la coopération pouvoirs publics-syndicats d'employeurs et de travailleurs.

Les actions à engager visent à conforter le dispositif de médecine du travail :

par une cartographie des risques professionnels, en voie de réalisation

par des programmes de prévention spécifiques dans les secteurs à hauts risques

par une enquête nationale généralisée à l'ensemble des secteurs à hauts risques

une sensibilisation et mobilisation des différents intervenants concernés par la médecine du travail pour coordonner leurs actions

une application plus effective des dispositions législatives et réglementaires pour que tous les partenaires assument leurs obligations.

L'ensemble de ces actions s'inscrivent dans une démarche consensuelle entre les pouvoirs publics et les partenaires sociaux, et dans un cadre tripartite où les services de santé jouent un rôle important.

 

2.2.2. Le programme de santé scolaire :

La réorganisation de la santé scolaire faisant appel à l'intersectorialité en premier lieu, telle qu'elle est prévue par le programme national de santé scolaire et universitaire, a vu son application débuter par la diffusion de la circulaire interministérielle n°1 DU 6/4/94 portant plan de réorganisation de la santé scolaire et par l'organisation de multiples séminaires nationaux et régionaux d'information et de mise en application. C'est ainsi qu'ont été entreprises des actions en matière de renforcement du personnel des équipes de santé scolaire, de formation et de révision des supports d'enregistrements.

 

2.2.2.1. Renforcement des équipes de santé scolaire :

Affectation par le Ministère de la Santé et de la Population de 824 médecins (en 1995) parmi lesquels 729 restent en activité, ainsi que 100 chirurgiens-dentistes.

 

2.2.2.2. Installation des unités de dépistage et de suivi :

Le séminaire national d'évaluation de la mise en application de la réorganisation de la santé scolaire qui s'est déroulé à Alger en juin 1996 a montré que 87,5% des 1245 UDS prévues ont été installées et fonctionnent et ce, malgré l'absence de budget d'équipement et de fonctionnement. Un budget de fonctionnement modeste a cependant été dégagé pour la présente année.

 

2.2.2.3. Activités de dépistage et de suivi :

Les mesures entreprises ont permis d'assurer durant l'année scolaire 95/96, un examen médical préventif à 3 164 000 élèves, soit 45,2% de l'effectif scolaire dont 1 902 300 visites médicales de dépistage ayant concerné 76,8% de l'effectif des classes cibles qui sont en fait les seules classes qui doivent être visitées chaque année.

Le bilan des activités au 1er trimestre de l'année scolaire 96/97 montre que 41,05% des élèves cibles ont déjà été examinés dans le cadre de la visite médicale systématique de dépistage.

2.2.2.4. Formation :

Dans le cadre de la formation en santé scolaire, la Direction de la Prévention du Ministère de la Santé et de la Population et le Comité National Technique de Santé Scolaire et Universitaire ont organisé un séminaire national et cinq séminaires régionaux de formation portant sur le module de base en santé scolaire sur la base d'un manuel de santé scolaire. Les médecins ainsi formé ont à leur tour répercuté la formation et diffusé le manuel à tous les médecins exerçant en santé scolaire.

 

2.2.2.5. Actions en cours :

Préparation d'un séminaire national de formation en santé scolaire relatif à l'éducation sanitaire en milieu éducatif et élaboration d'un manuel d'éducation sanitaire à l'attention des équipes de santé scolaire.

Mise en place d'une commission "santé mentale en milieu scolaire" en vue d'élaborer un programme spécifique à la santé mentale en milieu scolaire, de préparer un module de formation et d'élaborer un manuel.

Normalisation des locaux et équipements des "unités de dépistage et de suivi", ainsi que les supports d'enregistrement de santé scolaire.

Coordination intersectorielle (Santé-Education) dans l'application de programmes spécifiques:

formation des gestionnaires des cantines scolaires

dynamisation des cellules régionales et de wilayas chargées des activités de l'éducation sanitaire, de l'éducation nutritionnelle et de la santé scolaire.

Le programme de santé scolaire a permis, malgré des contraintes en matière d'aménagement des UDS, de budget et une coordination intersectorielle insuffisante dans certaines wilayas :

L'amélioration de la couverture sanitaire des établissements scolaires

La formation et l'information des personnels

L'initiation de l'éducation sanitaire en milieu scolaire.

Les efforts à poursuivre doivent concerner :

Le renforcement de la coordination intersectorielle

L'amélioration de la prise en charge des affections dépistées

L'aménagement des UDS des établissements scolaires ainsi que leur équipement.

 

2.2.3. Le programme de santé pénitentiaire :

Ce programme est en cours d'élaboration par un groupe de travail intersectoriel composé de représentants du Ministère de la Santé et du Ministère de la Justice.

 

2.3. Les Programmes de Santé - Environnement

2.3.1 Le programme de lutte contre les MTH :

Depuis l'indépendance, la tendance évolutive des maladies à déclaration obligatoire montre la prédominance des maladies liées à l'hygiène du milieu en général et des maladies transmissibles en particulier. En effet, les maladies à transmission hydrique (surtout le choléra, la fièvre typhoïde, les dysenteries, la     poliomyélite) sont en terme de morbidité les 1ères maladies à déclaration obligatoire notifiées au ministère de la santé. La tendance évolutive du choléra est à la baisse. Cette baisse pourrait s'expliquer par les facteurs suivants:

Une meilleure sensibilisation de la population,

Une amélioration des taux de raccordement à l'AEP et l'assainissement des ménages malgré les défaillances criardes dans leur conformité

Une prise en charge du Programme National de Lutte contre les Maladies à Transmission Hydrique relativement renforcée dans certains wilayas riveraines de Oued Chlef qui étaient les grandes pourvoyeuses de cas de choléra au niveau national et qui ont fait des efforts louables depuis le démarrage des actions du programme national de lutte contre les maladies hydrique en 1987.

Quant à la fièvre typhoïde, elle demeure actuellement le seul indicateur réel de l'évolution des maladies à transmission hydrique. La tendance évolutive (morbidité) rapportée pour 100 000 habitants est à la stagnation et non pas à une augmentation ou une baisse sensible, ceci s'expliquerait par les facteurs suivants:

L'amélioration qualitative et quantitative de la surveillance épidémiologique et des notifications depuis 1987

L'accroissement de la population algérienne lors de la décennie 1986-1996. Contrairement aux années précédentes ou l'endémie-épidémicité de la fièvre typhoïde concernait tout le territoire national, actuellement 18 wilayas à haut risque épidémiologique représentent à elles seules plus de 90% des cas de typhoïde notifiées au MSP (Tiaret - Batna - Béjaia - Bouira - Alger - Djelfa - Relizane - Tlemcen - Skikda - Annaba - Constantine - Oran - Bordj Bou Arreridj - Tipaza - Tissemsilt - Mila - Ain Defla).

 

2.3.2. Le programme de lutte contre le scorpionisme :

Ce programme essentiellement implanté dans les régions sanitaires du Sud Ouest doit également s'appliquer à un certain nombre de wilayate des hauts-plateaux. Il est essentiellement basé sur l'éducation sanitaire, l'hygiène générale du milieu, et la formation des personnels. Un Comité de Lutte contre le Scorpionisme a été récemment mis en place.

 

2.4. Les Programmes de Prévention Générale

2.4.1. La lutte contre les zoonoses :

Ce sont essentiellement quatre maladies qui posent le plus grand problème de santé publique: la brucellose - la rage - l'hydatidose - les leishmanioses.

Bien qu'un certain nombre de progrès avait été enregistrés dans le cadre de la lutte contre ces maladies, force est de constater que la prévalance de la plupart d'entre elles ne cesse d'augmenter durant ces dernières années.

Il devient urgent de renforcer la lutte. Ceci passe nécessairement par une identification des contraintes et un réajustement du programme national.

Une réunion du Comité National de Lutte contre les Zoonoses s'est tenue le 22/10/1996 au siège du Ministère de l'Agriculture et de la Pêche à l'issue de laquelle un plan de relance du programme de lutte contre les zoonoses a été adopté. Les principales conclusions de ce plan sont résumées dans les chapitres suivants :

 

2.4.1.1. Au plan des coûts :

Le coût hospitalier de la prise en charge d'un cas de brucellose s'élève à 200 000 DA. ce chiffre est certainement beaucoup plus élevé si l'on doit ajouter les coûts liés à l'absentéisme important qu'entraînent ces maladies et les handicaps qu'elles occasionnent.

En moyenne 50.000 personnes/an, mordues par des animaux, sont vaccinées contre la rage par uniquement le centre vaccinateur de l'Institut PASTEUR d'Algérie. Une seule vaccination coûte 800DA. Le coût chirurgical de l'hydatidose est très élevé: 2000 kystes hydatiques sont opérés par an.

 

2.4.1.2. Au plan des contraintes :

Difficultés dans l'assise de la coordination interministérielle.

Insuffisance dans l'application des textes réglementaires.

BHC non opérationnels bien qu'ils constituent le niveau fondamental de la prévention de ces maladies.

Insuffisance, voire absence de capture et d'abattage des carnivores errants et inexistence des fourrières canines.

Insuffisance d'abattoirs normalisés.

Absence de décharges contrôlées.

Insuffisance dans l'information et l'éducation du grand public.

 

2.4.1. Au plan des actions à entreprendre :

2.4.1.3. Au titre du Ministère de la Santé et de la Population :

Élaboration de fiches techniques dans le cadre de l'amélioration de la prise en charge médico-sanitaire des zoonoses notamment de la rage et de la brucellose.

Multiplication des centres vaccinateurs contre la rage.

Renforcement du système d'information par la promotion de la déclaration des zoonoses en particulier.

Élaboration et début de mise en œuvre d'un programme de communication sociale grand public

Disponibilité des médicaments et vaccins (gratuité) nécessaires à la prise en charge de ces maladies

Assistance des équipes locales en matière de prise en charge par l'envoi d'équipe pluridisciplinaire au niveau des grands foyers d'épidémie.

Assistance des équipes locales en matière de prise en charge par l'envoi d'équipes pluridisciplinaires au niveau des grands foyers d'épidémie.

Renforcement de la coopération internationale.

 2.4.1. Au titre des autres secteurs :

Ministère de l'Intérieur et des Collectivités Locales et de l'Environnement

Redynamisation des activités au sein du comité national de lutte contre les zoonoses

Associer les professionnels et les groupements d'éleveurs dans les campagnes de prévention

L'organisation de battues en zone rurale

Le renforcement des activités des Bureaux d'Hygiène Communale : 3 projets de textes sont en cours d'élaboration et où les services vétérinaires sont intégrés pour une prise en charge plus rationnelle

Ministère de la Défense Nationale

Etude concertée (Ministère de la Défense Nationale et de l'Agriculture et de la Pêche) pour la mise en position d'activité des vétérinaires du service national au sein des structures du Ministère de l'Agriculture et de la Pêche, au niveau des régions du Sud dépourvues de cet encadrement.

Ministère de l'Agriculture et de la Pêche

Relancement des opérations d'abattage sanitaires

L'abattage des animaux errants.

Mise en place d'une fourrière canine au niveau de chaque wilaya

100 000 doses supplémentaires de vaccin antirabique seront mis à la disposition des inspections vétérinaires de wilaya.

 

2.4.2. La lutte contre la tuberculose :

Ce programme est le plus ancien des programmes de prévention. Il a connu un tel fléchissement ces dernières années, du fait de ruptures fréquentes d'approvisionnement en médicaments et matériels de base, du manque de supervision, et de l'absence de formation/recyclage des microscopistes. La relance du programme pour l'année 1997 vise à pallier à ces carences.

 

2.4.3. La lutte contre la méningite cérébro-spinale :

Ce programme repose sur le renforcement de la surveillance épidémiologique, la chimio-prophylaxie et la vaccination. La situation dans ce domaine en Afrique Subsaharienne doit nous rendre particulièrement vigilants.

 

2.4.4. Le programme de lutte contre les MST/SIDA :

Ce programme largement intersectoriel, repose sur un plan d'action adopté lors d'une conférence nationale de consensus qui s'est déroulée à Alger en août 1994.

Ce plan d'action a été complété par la création en décembre 96 de quatre centres de référence destinés à assurer la prise en charge et le suivi des patients.

2.4.5. Le programme de lutte contre la drogue et la toxicomanie :

L'Algérie est confrontée aujourd'hui à un double problème lié à la drogue. D'une part, une augmentation régulière des saisies des drogues en transit, et d'autre part, une recrudescence de la consommation de ces substances.

L'Algérie a ratifié toutes les Conventions des Nations Unies sur les stupéfiants et les psychotropes. L'organisation de la lutte contre ce fléau mondial s'articule autour de la lutte au niveau d'une part, de l'offre et d'autre part, de la demande. Notre secteur est engagé dans cette lutte au niveau de ces deux axes: Au plan de l'organisation, une commission nationale de lutte contre la drogue et la toxicomanie a été mise en place le 14 avril 1992 (décret exécutif n°92-151). Cette commission qui était présidée par Monsieur le Ministre de la Santé et de la Population a été abrogée et remplacée par un Office Nationale de Lutte contre la Drogue et la Toxicomanie placé auprès du Chef du Gouvernement.

Un projet de programme de lutte contre la drogue et la toxicomanie a été élaboré le 11 juin 1993. Parallèlement trois actions majeures ont été engagées : L'installation d'une ligne d'écoute verte depuis deux ans - L'ouverture d'un centre de désintoxication des toxicomanes à Blida depuis 7 mois. L'objectif à court terme est l'ouverture d'un centre similaire dans chaque région sanitaire.

La Direction de la Pharmacie du MSP quant à elle exerce un contrôle rigoureux sur l'ensemble des activités ayant trait à la manipulation licite des stupéfiants et psychotropes. L'organisation de la lutte contre cette maladie s'est étendue au milieu carcéral par l'affectation de médecins au sein de ces établissements. Actuellement, notre secteur participe activement à l'élaboration d'une ordonnance relative à la prévention et la répression contre le trafic illicite des stupéfiants et psychotropes, comblant ainsi un vide juridique important.

2.4.6. Contrôle sanitaire aux frontières :

Ce programme a été redynamisé en 1996 avec la création d'un comité national intersectoriel. Par ailleurs, dans le cadre de la surveillance épidémiologique de la route transsaharienne, une formation de personnels a été entreprise pour le développement de six postes sentinelles dans le sud du pays. enfin, une relance du programme est en cours dans les ports et les aéroports.

3. LES PERSPECTIVES

L'analyse critique des actions de ces trois dernières années permet de conclure que si beaucoup a été fait, beaucoup reste à faire. Pour les années à venir les axes de travail doivent se structurer autour des orientations suivantes :

3.1. Dynamisation des programmes existants :

Cette dynamisation ne pourra être obtenue qu'à trois conditions :

3.1.1. Renforcement de la communication:

La société, en cette fin de siècle, est en mouvement vers un nouvel équilibre au sein duquel l'homme fait irruption comma acteur et comme finalité sociale. Les médias et les systèmes de communication occupent une place centrale dans la vie économique et sociale. La place privilégiée des professionnels et de l'institution sanitaire dans le système des soins, s'en trouve remise en cause de fait. La tendance à la responsabilisation du demandeur de soins et de sa famille se développe, lesquels se trouvent être les acteurs principaux en matière de soins.

Actuellement les programmes existants sont largement méconnus, et des personnels de santé, et du grand public. Un plan de communication doit être finalisé dans les plus brefs délais à l'instar de ce qui a été déjà entrepris pour les programmes de santé maternelle et infantile. Ce plan doit contenir des messages, définir pour chaque programme le contenu des messages, la nature du produit de communication et le canal de diffusion, aussi bien pour la communication interne que pour la communication externe.

 

3.1.2. Renforcement de la formation :

Les personnels impliqués dans l'exécution des programmes de prévention doivent être l'objet d'une formation continue, sur la base d'une approche régionale, et en fonction des objectifs de formation soigneusement définis. Par ailleurs, tous les éléments de cette formation concernant les programmes de santé doivent être injectés dans la formation paramédicale et la formation médicale graduée et post graduée.

3.1.3. Information et Évaluation :

Il est important de réajuster la vision globale de l'information et de l'évaluation à travers :

 La nécessité d'examiner la situation informationnelle de chaque niveau hiérarchique et de veiller à lui donner des moyens de faire évoluer des représentations suffisamment signifiante à ses yeux.

 S'orienter vers une organisation où les informations perçues soient les plus possibles interprétables localement : une vraie décentralisation commence par la décentralisationnelle des préceptes de signification et des réactions à ces significations.

 Susciter le désir de percevoir et de communiquer au sein de l'organisation par la valorisation des hommes ou des équipes interactives, ceux qui savent proposer des représentations associatives et qualitatives de situations globales, ceux qui désirent communiquer

 L'attitude des dirigeants et à ce titre capitale : ils doivent être convaincus qu'à chaque niveau apparaissent des significations spécifiques et que celle du sommet ne sont pas plus riches ni plus nobles que celle de la base.

 Dans ce cadre, trois axes prioritaires doivent être envisagés :

Prise en charge des besoins en information: l'analyse des besoins en information doit être systématique, en particulier au niveau périphérique et intermédiaire souvent occultés : l'organisation de santé doit maîtriser les techniques d'évaluation des besoins en information à travers en particulier, la spécialisation des équipes orientées sur les systèmes d'information et une formation sur l'information adressée en priorité aux dirigeants.

 Veiller à une évaluation régulière du système de surveillance épidémiologique: la finalité d'un système de surveillance épidémiologique est de fournir des informations qui vont faciliter la prise de décision et des mesures d'actions <La surveillance c'est de l'information appelant à l'action>. La révision du système de surveillance épidémiologique est déjà en cours.

L'Informatique :

Dans cette approche des recherches du contenu informationnel à partir des données, l'innovation technique joue un rôle important à côté de la motivation des hommes. L'outil informatique de 1997 met à la disposition des organisations de santé des possibilités inespérées, il y a à peine 10 ans.

 Les progrès de la micro-informatique permettent à chaque intervenant de disposer de l'information la plus adaptée dans les conditions les plus simples. A côté de la nécessaire disponibilité du matériel dans ces organisations, la réflexion sur les logiciels adaptés à la pratique des professionnels de la santé, doit être privilégiée.

 Cette réflexion doit aller en priorité vers le niveau périphérique là où naît l'information, là où souvent apparaissent les signaux d'alertes et d'anticipation, là où également l'information doit être plus détaillée, la plus récente, la plus précise, la plus fréquente.     

 3.2. Création de nouveaux programmes :

L'analyse des programmes existants montre d'importantes lacunes qui doivent être comblées d'urgence. Ces lacunes concernent l'instrument de développement psychomoteur et neuro-sensoriel du petit enfant, la santé mentale, les accidents, la surveillance des aliments, les handicapés, les sujets atteints d'une maladie chronique, et la pollution atmosphérique. Par ailleurs, certaines maladies transmissibles doivent faire l'objet d'une surveillance accrue (trachome, paludisme, bilharziose). enfin, des actions dans un cadre spécifique (villes-santé, école-santé, santé pénitentiaire) doivent être également mises en place dans un cadre structuré.

 3.3. Budgétisation :

En dépit des intentions louables faisant prévaloir la priorité de la prévention sur les autres interventions de la santé, la répartition des moyens disponibles continue à se caractériser par des schémas inefficaces d'allocations de ressources.

Le financement des activités de prévention bute sur trois types de problèmes :

La mobilisation de ressources au niveau global est contrariée par les contraintes économiques et budgétaires induites par l'engagement de l'Algérie dans un processus structurel.

L'inefficience de l'allocation des ressources qui est plus orientée sur le curatif au détriment des activités de prévention qui présentent de meilleurs rapports coût-efficacité (interpellation de l'Etat).

La rigidité du cadre budgétaire où les dépenses de prévention ne peuvent être << individualisées>>. La formule du budget global ne présente aucun stimulant ou incitation pouvant influer sur le comportement des ordonnateurs ou dispensateurs au profit du développement des interventions sanitaires de prévention.

Le financement de la santé constitue un problème d'actualité. La nécessité de réformes profondes et donc de la rationalisation des dépenses de santé impose un compromis acceptable entre la satisfaction des besoins, l'équité et le coût supportable.

De gros progrès ont été fait, nous l'avons dit au début de cet exposé, dans l'approche concernant la budgétisation. Toutefois, beaucoup reste à faire. Comment arriver à cerner l'apport budgétaire des différents secteurs. comment arriver à évaluer les coûts-bénéfice de certaines interventions dans le domaine de l'environnement en particulier. Quelles sont les mesures à prendre pour financer les surcoûts en cas d'épidémie (cas de MTH, des zoonoses...). telles sont les questions essentielles auxquelles nous aurons à répondre dans les années à venir. Seule une large constatation des différents secteurs de la société pourra nous permettre de le faire de façon satisfaisante.

Les solutions envisageables consistent à :

Budgétiser distinctement les activités de prévention (budget-programmes)

Faire participer financièrement les Collectivités Locales au budget de la Prévention.

Introduire les pratiques de management consistant à optimiser la production des activités de prévention.

Encourager l'initiation d'activités propres aux unités de santé capable de générer des ressources supplémentaires destinées à financer des programmes de prévention.

Créer un fond de la Prévention.

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